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Friday, May 20, 2011

Muốn Nói Yêu Em - Đình Nguyên


Apr 22, 2011



La fidélité et la paix


Du mot latin, fidelitas (fidélité), fides (foi), c'est l'exactitude à remplir ses engagements et à tenir ses promesses : fidélité à ses propres convictions, à sa foi religieuses, à ses amitiés, à ses amours.

La fidélité est la base des vertus, puisque la vertu est la fidélité à la loi du Bien. Elle exclut la trahison, la déloyauté, la perfidie, l'inconstance, l'infidélité - Elle a donné le mot fidèle pour désigner la croyant religieux examplaire - Elle a la mérite de s'attacher aux causes perdues, à l'ami malheureux, aux absents, vivants ou morts - Elle s'oppose à l'opportunisme vénal, elle demeure désintéressée.

Permanence de toute culture, elle fonde seule la vie spirituelle et morale humaine.

Elle implique la persévérance, son problème étant de surmonter le temps, d'échapper à l'ennui, à l'habitude aux tentations extérieures d'infidélité.

La vrai fidélité est le coeur de la patience, elle s'installe dans la fidèle quotidienne de l'amour.

L'épreuve de fidélité donne toute la mesure de l'amour.
Sans fidélité, en amour nous n'aurons que des vertus de protozoaires. La fidélité fait de l'éclair une clarté, de l'étincelle une lumière.

Toutefois la fidélité ne doit pas conduire à l'obsession, à la jalousie, à l'accaparement de l'autre, ce qui est la négation même de l'amour.

En contrepartie, l'objet de la fidèlité doit être pur.
Aristote le grand philosophe conseille de n'être pas fidèle à ses amis s'il deviens pervers, car alors on devient leur complice dans le mal. Un au
tre conseil plus sinistre mais logique c'est d'être infidèle à une femme qui change de caractère et de comportement. On tombe aussi dans l'inconstance, la trahison, le mensonge, et finalement dans un désiquilibre, un mal-être, en détruisant la valeur même de l'amour.

La fidélité se rencontre beaucoup plus dans l'amitié que dans l'amour, tout au moins dans l'amour-passion, instable de nature.

C'est pourquoi dans un couple la tendre amitié, plus que de la passion, est le gage de la durée, de la fidélité.

Vertu conjugale par excellente, la fidélité est difficile à respecter car, si l'amour va de soi (on ne peut imaginer dans l'instant un amour autrement que fidèle) dans la durée l'être humain est tenté de rompre la fidèlité au nom d'un autre amour , qui se présente sous l'aspect du tentateur. Lafidélité est alors rompue par l'élan aventureux, le surgissement de l'être hors du silence.

Et voilà un nouvel anmour qui commence aussi fort et aussi neuf, aussi absolu et on se jure fidèlité jusqu'à la mort et on est alors sincère.

Dans la vie de tous les jours, la fidélité fonde le devoir, ce qui est nécessaire, mais combien difficile dans un monde où tout change!!

Pour être vertu, la fidélité choisira dans ces valeurs, au nombre desquelles on mettra l'amour-charité, le don de soi, la noblesse de caractère et naturellenent la loyauté.

C'est fut le problème de l'Église qui s'efforça d'être fidèle à l'essence du message divin en le dépoussiérant de ses aspects historique en opérant les échanges nécessaires pour s'ajouter au monde moderne.

Alors on verra éclore les autres vertus qui sont comme des fleurs fragiles: La Paix, Le Calme, La Sérénité - toute une vie n'est pas de trop pour se transforme en vue de la quiétude de la paix pour soi-même, en créant l'harmonie autour de soi.

Lorsqu'on s'éloigne du tumulte bruyant de la vie con temporaine avec cette vertu féconde de fidélité, on sent renaitre en soi une mystérieure aspiration vers la paix, vers l'harmonie qui s'expriment discrètement, comme source cachée de confort intérieur, de tranquillité de conscience.

C'est celà, avec la fidélité qu'il faut retrouver pour changer en beauté et en bonté ce qui demeure en nous l'inexprimable et d'insoluble, l'examen de conscience, l'entrée dans l'intime de soi-même, le conscient, un trésor caché.

Donc la fidélité comme vertu féconde n'est que fidélité vivante.

Ainsi comprise, la vertu de fidélité comme loi morale, divine pour le croyant, apaisant pour le libre penseur, est le fondement de la culture, de la qualité, la civilisation, en un mot, l'Homme.

Elle demeure un combat permanent dans la vie.

Montréal Avril 2011
Dr. D
ương Đăng Bảng

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Leur Paix!

L’hypothèse de la guerre préoccupe en ce moment les esprits. Déjà l’on évoque l’horreur des champs de bataille, les villages incendiés, les cadavres semés au long des routes, les régiments décimés, et dans les villes restées paisibles l’angoisse et la faim… A s’imaginer que le renouvellement de ces spectacles est possible, le vulgaire reste déconcerté et stupéfié. La guerre est belle, dans les contes de M. Ch. D’Esparbès et les romans du capitaine Danrit ; la guerre est glorieuse dans les manuels d’histoire ; en réalité elle est horrible et chacun le pressent. Les plus veules, en y songeant, se hâtent de proclamer leur amour pour la paix…
C’est l’universelle chanson. Insurrectionnels, syndicalistes, libertaires honnêtes, bourgeois radicaux et nationalistes clament en chœur leur indéfectible fidélité à la Paix…
On est pacifiste. Tout le monde est pacifiste. Dans l’intérêt du progrès, de l’industrie, du Commerce et des Arts. Parce que la paix accroît la prospérité nationale. Et pour mille autres excellentes raisons. Car il est bien entendu que pas un de ces pacifistes n’ose dire franchement :
Je suis ennemi de la guerre, parce que j’aime la vie, et tiens à ma vie.
C’est naturel. Au fond du pacifisme il n’y a ni volonté ni intelligence ; il n’y a que de la peur et de l’hypocrisie. Les sincères ont peur. Les autres, n’ayant d’autre souci que celui de leurs intérêts, le servent sans scrupule. Il nous est ainsi donné de contempler ce tableau paradoxal : tandis que se tiennent des congrès de la paix, leurs initiateurs font construire des cuirassés…
Mais ne nous attardons pas à refaire leur procès. Constatons simplement le grand nombre des amis de la paix. Ils sont légion à demander que la paix se fasse dans le monde. Tolérance, encore paix ! ect. Homais et Tartempion ne vous parlent que de cela. Et l’anarchiste que les grands mots ne subjuguent plus se demande alors : Est-elle vraiment si belle cette paix, leur paix ?
Nous en jouissons pour le moment. Nous pouvons donc l’examiner à loisir, l’apprécier, la savourer. Les Frédéric Passy, les Charles Richet, les Anatole France nous en ont chanté les louanges sur des modes divers. Voilà pour la théorie. Hélas ! En ce bas monde, théorie et pratique font deux. La Paix, sur les images, est une belle fille blonde au visage souriant, un peu bébête ? On n’a garde de représenter derrière elle les Casernes, les Prisons, les Hôpitaux et les Maisons Closes qu’elle abrite. Leur Paix !
Mais c’est l’ordre, l’ordre sanglant que Thiers réinstaura en fusillant les fédérés de la commune, et que Clemenceau maintint avec le concours précieux des cuirassiers de Narbonne et les gendarmes de Draveil. La Paix bourgeoise exige que l’on respecte les lois établies, que l’on subisse la faim et l’oppression ; et quand on transgresse ses volontés, elle ramène l’ordre à coups de knout, à coups de sabres et de fusils… La paix sociale fait condamner les ouvriers pour un mot ou un geste d’insoumission ; emprisonner les journalistes trop indépendants ; traquer sans répit les indociles et les réfractaires. Sous les balles pacifistes, des prolétaires sont tombés bien des fois. Et Ferrer. Et que de nôtres, en Russie ou au Japon, sont morts sur les potences pacifistes ! Cela s’appelle l’ordre « moral » ou politique.
Cela se complète par la paix économique. En d’autres termes : respect à la propriété, respect au patron, servilité devant le riche, honnêteté. Voici les usines où l’on tue des enfants, où l’on détruit des races par le surmenage et les maladies. Voici les quartiers pauvres des grandes villes, cités de puanteur où règnent en parfaite harmonie l’Alcoolisme, la Tuberculose et la Syphilis. Voici, à coté, les Palais de l’Argent, maître astucieux devant qui tout fléchit. Paix économique ! traduisez : prostitution, famine, dégénérescence…
Ah, nos excellents pacifistes ne manquent pas de toupet lorsqu’ils dressent sous nos yeux l’épouvantable bilan des guerres. Celles de Napoléon, enseignent-ils, coûta à l’Europe cinq millions de vies humaines. Nous voudrions bien savoir, nous, combien de vies sont sacrifiées tous les jours à leur paix ?
Qu’ils nous disent combien d’enfants sont tués dans les verreries et les tissages du Nord ? Combien d’ouvriers meurent assassinés par les maladies professionnelles, les privations – la misère ? Qu’ils essayent de nous dresser le bilan approximatif des bonheurs, des vies, des joies pacifiquement broyées par l’engrenage des institutions du Capitalisme Autoritaire ! Nous désirons juger leur paix en connaissance de cause !

Leur paix est meurtrière autant que les guerres. C’est une paix de mort. Il a fallu autant de sang et de sueurs, autant de chair humaine pour édifier les fortunes des Rotschild, des Bunau Varilla, des Pereire et Cie, que pour constituer les empires des conquérants les plus fous.

N’est-elle pas faite, d’ailleurs, de petites guerres hypocrites où les lâchetés se heurtent traîtreusement ?
Un contre tous - tous contre un : ainsi se résume la sourde lutte des hommes entre eux. Contre chaque individu, toutes les brutalités et les forces sociales sont liguées. L’opinion publique le surveille, médisante. Ses semblables – ses concurrents – guettent la moindre de ses maladresses pour se jeter sur lui. Les lois l’enchaînent ; les plus forts le pressurent ; les plus faibles le haïssent. Guerre impitoyable entre salariés et patrons, entre marchands de camelotes allemands et français, entre Potin et Damoy, entre le politicien rouge et son adversaire. On médit, on calomnie, on accuse, à voix basse ; puis la Loi aveugle intervient et achève le vaincu. Cependant que les vainqueurs se congratulent doucereusement.
La guerre, choc des armées, assassinat en masse évident et brutal, est pire, sans doute ; mais la paix d’aujourd’hui est ignoble, absurde et criminelle.
Nous nous refusons à la guerre, parce que nous aimons profondément la vie. Pour la même raison nous ne voulons pas non plus de cette paix. D’un coté ou de l’autre nous nous trouvons toujours en présence de la mort, alors que toutes nos forces, nos aspirations, nos volontés montent vers la vie !
Et c’est en son nom – et au nom de nos vie tout d’abord ! – que nous nous insurgeons contre le règne de l’hypocrisie pacifiste et de la brutalité guerrière. Nos existences seraient si belles n’était-ce la malfaisante sottise des dominateurs et des asservis !
C’est donc malgré eux que dès à présent nous voulons réaliser des vies belles. Que vers ce but tendent nos efforts de révoltés : vivre selon nos pensées, librement, intelligemment, fraternellement : parmi nous du moins, instaurer une paix véritable qui nous rendra plus forts et plus heureux.


Le Retif (alias Victor Serge) Extrait de L’anarchie N°313, le 6 avril 1911.

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